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Syto Cavé « un écrivain immense »

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    Syto Cavé « un écrivain immense »



    Pour Syto Cavé, invité d’honneur à la 21e édition de Livres en folie, le cocktail a eu des allures de banquet entre amis. Au pied du dramaturge, du poète, des grands d’ici comme Lyonel Trouillot, Gary Victor ont déposé, sans flagornerie, des mots d’âme, des mots héritage pour saluer le parcours d’un « immense écrivain ».



    «…Et je vous emmerde. Je vais fumer », balance Lyonel Trouillot, incapable de résister à l’envie de griller sa cigarette mentholée, tripotée depuis de longues minutes. Son ami, Syto Cavé, accroc comme lui à la nicotine, ne peut pas le suivre. Hélas ! Trois fois hélas ! L’auteur de la « La pèson », invité d’honneur de la 21e édition de Livres en folie, résiste à l’envie d’un « ralé », à la fumée qui danse devant des yeux mi-clos. Reste quand Lyonel Trouillot fend la petite foule au fond de la salle de Royal Oasis, des échos de mots épousant le superlatif déposés au pied de Syto, « un grand écrivain », « un écrivain immense » n’ayant «
    jamais le temps de la posture », toujours « attentif au monde ». Pour Trouillot, entré en2016 dans Le Larousse, Syto Cavé « est l’un des écrivains majeurs de la littérature haïtienne ».


    Son esquisse du dramaturge, du poète dont les mots sans maître habitent les chagrins d’amour, l’insouciance, les pulsions et désirs sexuels mal refrénés de monsieur et madame Tout-le-Monde, met en lumière la « sensibilité » du Jérémien. Syto, «c’est la pureté humaine jamais assaillie par le temps de la victoire, de la conquête, de la réussite ». Le poète n’est pas dans ce rapport avec les êtres et le temps. Il est immatériel. Il conjugue sa vie à l’indicatif, au « temps de la flânerie, de l’amour, de la poésie, de l’enfance », souligne Lyonel Trouillot, peu après l’hommage de Gary Victor, un autre grand nom de la littérature haïtienne contemporaine. Gary Victor évoque Syto, l’homme d’une grande générosité. Peu loquace, obligé de jeter lumière sur ses précieuses ombres, le papa de Alan Cavé soutient avoir eu le courage de dire pour la presse. Sa stature d’Invité d’honneur en impose. Il dit avoir beaucoup dit, à « haute voix, à partir du coeur et de l’esprit». De sa gorge nouée pendant une demie seconde, Syto remercie de l’étreinte non flatteuse. « Je suis enveloppé de paroles ».

    Ces mots, confie le poète, ont pris le chemin du coeur. De son vieux coeur qui se remet à rêver, à envisager la possibilité de redonner, de se redonner à la littérature. Avec ses joies et ses douleurs. Meilleur diseur que discoureur, Syto, la crinière presque cendre, gilet légendaire et chemise balancée sur un jeans noir, jongle avec les mots, prend le rendez-vous de l’homme qui sait que ses jours sont comptés avec l’amour. Pas le temps pour les radotages et un désir de mourir à côté de l’amour. Des étincelles. Des hommes perdent leurs femmes. C’est un peu ça le poète.



    Parce que ce cocktail est aussi prétexte à autres choses, le prix de la première oeuvre fiction et essai livre, quelques surprises. Le président du jury, Lyonel Trouillot, confie que le prix de la première oeuvre catégorie fiction n’est pas attribué cette année. Une quinzaine d’ouvrages ne répondent pas aux critères. Le travail de relecture et d’édition n’a pas été fait, soutient Lyonel Trouillot, peu après sa salve contre le petit monde de la chaîne du livre, interpellé à cause de défaut de conception de l’objet livre. Dans la catégorie fiction, il y a en revanche trois mentions. Parmi eux, il y a Adolphe Emmanuel Brisson pour « L’entre deux ombres », Soncarno Gabriel pour « La rançon de l’otage ». Et Jean Marie Raymond Noël obtient le prix de la première oeuvre catégorie essai pour son ouvrage « Evolution des technologies de l’information en Haïti : Entre l’indécision politique et le flou juridique ».

    Pour Rhum Barbancourt, l’inusable William Eliacin, fier d’appartenir à cette entreprise de plus de 150 ans qui, à travers son partenariat avec les écrivains, « enrichit le corpus littéraire haïtien, révèle que Gary Victor et Pierre Clitandre décrochent les dernières bourses étalées sur cinq ans. En 2016, Gary Victor signera son roman « Herodiane, la mer et le sang » et Pierre
    Clitandre Madame Delarue ». Plus de 10 ans après Cathédrale du mois d’août, de Vin de soleil, Pierre Clitandre est content de ce coup de pouce de 5 000 dollars US pour se remettre à écrire. Ce support va permettre au romancier de combler le vide de ces
    années sans. Sans roman. « J’ai passé des moments de vides », confie Pierre Clitandre, après Gary Victor qui écrase un regret à cause de la fin de la bourse Barbancourt, une initiative « extraordinaire », soutient-il avant la photo souvenir avec d’autres bénéficiaires de cette bourse. Entre la bouteille de la cuvée spéciale à la romancière Emmelie Prophète Milcé pour récompenser un travail de coordonnatrice efficace de cette bourse, les mots de Max Chauvet de Le Nouvelliste et Guy Supplice de la UNIBANK pour remercier la grande famille du livre qui rend possible Livres en folie, Boulot Valcourt a mis du sien, en chanson, pour saluer le
    mapou, le legs de Syto Cavé à la musique haïtienne. En personne, Syto Cavé a assisté à l’interprétation de son « La Pèsòn ».


    Roberson Alphonse
    robersonalphonse@lenouvelliste.com
    Last edited by Maximo; 06-05-2015, 04:29 PM.
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